Se perdre
Lorsque les traditions se transmettent de génération en génération, le mystère et les légendes s'accumulent peu à peu. Un amas de rumeurs se forme, tel un voile sur une vitre, obscurcissant l'original. Redécouvrir l'essence même de la tradition n'est pas forcément difficile. Dépoussiérer le passé et revenir à l'essentiel permet de redéfinir le but et l'usage d'une tradition. Dans le cas des propriétés des matériaux naturels, cela s'applique particulièrement au coton et aux textiles qui en sont issus.
Qu'est-ce que le coton ?
C'est une plante qui produit des capsules, ou fleurs duveteuses, composées de millions de filaments fins. Ces capsules sont cueillies pour être transformées en fil, qui est ensuite tissé pour former du tissu.
Examinons quelques croyances courantes qui se sont répandues plus récemment grâce à Internet et aux médias sociaux.
1. « Le coton n’est pas bon pour la planète car il a besoin de trop d’eau pour pousser. »
Vrai ou faux ?
Cette croyance sous-entend que le coton devrait être facile à cultiver en Amazonie ou dans le nord-ouest du Pacifique, où les pluies sont abondantes. Or, il n'y pousse pas. En revanche, le coton prospère en Égypte, sur le plateau du Deccan, dans certaines régions de Turquie, en Chine intérieure et dans d'autres climats similaires. Ces régions sont toutes sèches et chaudes, avec de faibles précipitations. À vous de juger.
Bonus : il s'agit de régions du monde où la main-d'œuvre pour la cueillette et la transformation du coton est moins chère, ce qui profite donc aux couches les plus défavorisées de la société.
2. « Les tissus en coton consomment des centaines, voire des milliers de gallons d'eau, qui sont entièrement gaspillés. »
Vrai ou faux ?
Le blanchiment, la teinture et le lavage des textiles nécessitent effectivement de très grandes quantités d'eau. Cependant, il est tout aussi vrai que cette eau n'est pas réellement gaspillée . La plupart des produits chimiques utilisés pour le coton peuvent être filtrés, permettant ainsi à une grande partie de cette eau de retourner sans danger à la nappe phréatique. On utilise beaucoup d'eau, certes ! Mais seule une petite proportion peut être considérée comme gaspillée.
Comparaison : Les textiles à base de pétrole comprennent des fibres synthétiques comme le polyester, le nylon, l’acrylique, etc. Leur production initiale consomme encore plus d’eau et libère des produits chimiques extrêmement nocifs, très difficiles à extraire, qui empoisonnent l’eau pendant des centaines d’années. C’est un véritable gaspillage. Ces produits chimiques se retrouvent dans plusieurs nappes phréatiques, ce qui explique le taux élevé de cancers chez les populations qui les consomment.
Le coton est une matière végétale durable. Plus de textiles en coton signifient moins de fibres synthétiques, ce qui réduirait le gaspillage d'eau. Naturellement hypoallergénique, le coton ne provoque pas d'irritations au contact de la peau, contrairement aux matières synthétiques. De plus, il peut être cultivé de manière biologique.
Avant d'aborder certaines croyances spécifiques, essayons de mieux comprendre le coton...
Quoi et comment - Points forts et points faibles du coton tissé
Les fins poils de la capsule de coton sont séparés, alignés et torsadés pour former des brins de fil, ou ce que l'on appelle un fil de coton très fin. Ce fil est ensuite entrecroisé, selon un tissage en vannerie, pour fabriquer du tissu.
Un filet de pêcheur. Il est également fabriqué avec des fils entrecroisés. L'espace entre les fils est suffisamment grand pour laisser l'eau s'écouler, tout en empêchant les poissons de s'échapper. Pour les vêtements, les serviettes et le linge de cuisine, il faut resserrer les brins de laine et les tendre davantage.
Fil retors : Pour qu’un pêcheur puisse amarrer son bateau, la corde doit être tressée afin d’être suffisamment solide. On tresse une corde plus fine pour obtenir une corde plus épaisse. De la même manière, on peut retorder des brins de fil plus fins. Lorsqu’on utilise du fil retors au lieu de fil lisse, le tissu est considérablement plus résistant et durable ; il peluche moins et se troue moins facilement. Si le fil retors est entrecroisé dans les deux sens du tissage, on obtient un tissu de coton de qualité supérieure.
3. « Un tissu doux est un signe de qualité supérieure. »
Vrai ou faux ?
Il existe deux types de tissus souples : les tissus mous et les tissus bien formés.
Un tissage lâche confère au tissu une sensation de douceur, car il est souple. Un tissu souple, capable d'absorber l'humidité, peut être obtenu grâce à un tissage plus serré. Pour ce faire, on choisit du coton à fibres longues afin de le tisser en un fil fin, comme celui utilisé pour les mouchoirs. Cela permet d'obtenir un tissu mieux structuré tout en conservant sa douceur.
Mais pour comprendre la notion de « qualité supérieure » , c'est la densité du tissage qui est le facteur déterminant, et non la douceur.
Densité : Si vous prenez un torchon dans votre cuisine et que vous le tenez à bout de bras face à la lumière du jour qui entre par une fenêtre, vous pouvez soit :
a) voir cette fenêtre et distinguer facilement d'autres objets à travers elle, OU
b) vous ne voyez que la lumière et l'ombre - la lumière de la fenêtre et les ombres des objets
Un tissage plus dense et plus serré ne révélera pas les détails comme un tissage plus lâche. Dans le premier cas, le tissu ressemble davantage à un filet. Dans le second cas, on trouve plus de coton, plus de matière et un tissu plus serré et plus résistant. C'est ce qui confère au produit fabriqué à partir de ce tissu sa qualité et sa durabilité.
Cher - Qualité et coût :
Pour un client, le test de transparence est un moyen simple d'estimer la qualité . L'utilisation de fils retors et d'un tissage plus serré nécessite davantage de coton, et un coton de meilleure qualité, ce qui rend le tissu plus cher. Il est compréhensible que les décisions commerciales puissent contraindre les entreprises à faire des compromis pour maîtriser leurs coûts. Mais si vous disposez d'informations fiables, vous pouvez déterminer ce qui est le plus adapté à votre budget.
Bonus : Si votre tissu a une surface plus dense, les motifs imprimés seront plus nets et plus précis. À long terme, la valeur de ce tissu ou produit textile est bien supérieure s’il dure des années.
Maintenant vous le savez !